PPE 2019 : la place des bioénergies


Biogaz, bois et déchets sont les 3 ressources qui permettent de produire l’énergie biomasse. Alors que la PPE 2016 ne s’était pas intéressée à ces ressources, la programmation 2019 pose les bases de nouveaux objectifs. Lesquels ? Comment la biomasse se porte-t-elle ? Orygeen décrypte pour vous la part qui est faite aux bioénergies dans la PPE 2019.

Bioénergies : la situation actuelle et les objectifs de la PPE 2019

Avec une production de 7TWh d’énergies produites (à partir de biomasse), les bioénergies représentent 1,5 % de la consommation énergétique française. Elles se voient cette année assigner de nouveaux objectifs y compris pour, et c’est une première, la «part biodégradable des déchets ménagers ».

La part du biogaz, du bois et des déchets dans les bioénergies

La PPE classifie la bioénergie en 3 ressources : le biogaz, le bois et les déchets.

La filière « biogaz » produit de l’énergie grâce au gaz provenant de différents milieux (stations d’épuration, méthaniseur ou encore installations de stockage de déchets non dangereux) et représente 23% de la production d’électricité des bioénergies.

La filière « bois énergie » produit de l’énergie à partir de l’incinération des biomasses forestières (plaquette et pellet) ou de déchets de bois (en général de démontage). Cela représente 31% de la production de l’électricité des bioénergies.

Comptabilisée à 50% comme une énergie renouvelable, la «part biodégradable des déchets ménagers » est produite par les usines d’incinération des déchets ménagers (UIOM) et représente 46% de la production d’électricité des bioénergies.

Quels objectifs pour les bioénergies ?

Dans la PPE 2016, seuls les biogaz et l’énergie issue de l’incinération du bois s’étaient vus attribuer des objectifs.

Les nouveaux objectifs des bioénergies pour 2023 et 2028 sont donc :

  • pour les biomasses, une production de 0,8 GW en 2023 puis constante en 2028,
  • pour les biogaz, une production de 0,27 GW en 2023 puis de 0,34 à 0,41 GW en 2028,
  • pour les déchets, un objectif fixé à 0,04 GW en 2023 et 2028.

Des mesures fortes ?

Compte tenu du cout de la production d’électricité à partir de biomasse, afin d’optimiser le coût global d’atteinte des objectifs ENR et de favoriser l’efficacité énergétique, le soutien à ces filières sera réservé à la production de chaleur. Aucun appel d’offres cogénération biomasse ne sera lancé sur la période de la PPE.

  • Un guichet tarifaire va être ouvert pour les installations de méthanisation entre 0,5MW et 1 MW. Au- delà, les installations de méthanisation devront s’orienter vers l’injection de biométhane.
  • Un guichet tarifaire va être ouvert pour les installations valorisant des combustibles solides de récupération (CSR) et dont l’approvisionnement (CSR et autres combustibles) est composé a minima de 80 % de biomasse ;
  • L’amélioration de l’efficacité énergétique des unités de valorisation des déchets ménagers est affirmée, avec une action spécifique sur la dizaine d’incinérateurs sans valorisation énergétique, avec la volonté d’aller au-delà̀ du critère d’efficacité énergétique des unités existantes ;
  • L’appel à projets sur les combustibles solides de récupération de l’ADEME est reconduit.

Notre commentaire

Les bioénergies représentent aujourd’hui un pourcentage non négligeable de la production d’énergie via les ENR en France. La part des bioénergies pourrait continuer à augmenter en améliorant les rendements, en organisant les filières de récupération et en favorisant les circuits courts. En effet, de nos jours, pour le cas de la filière bois, l’importation de celui-ci peut se faire du continent américain, ce qui rend l’énergie beaucoup moins propre en termes d’émission de CO2.

Enfin, les objectifs des bioénergies sont présentés sous forme de puissance électrique. Et malgré une mesure soutenant la création de chaleur (utilisation de l’énergie ayant le meilleur rendement), les objectifs ne sont clairement pas exprimés en la matière.